Témoignage

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Logo des prêtres-pédophiles au Québec

Les pire crimes commis sur le territoire Canadien et Québécois pour Lucien Bouchard dit que sa  vaut 3 million quand ont sait que les autochtones ont reçu 12 milliard et moins de crimes et séquelles en plus il prennent des devances d’électricité sur les éoliennes et en veulent encore il sont entraîné nous scalper a blanc les blanc bec .

En Irlande ont subit des mauvais traitement 

Témoignage  beaucoup de témoignage inédites par des  éditorialistes  

Testimony in many institutions in Québec Beaucoup de Témoignage dans les institutions au Québec

J’aurais voulut être un artiste pour pouvoir faire mon numéro mais des gens décideurs ont fait de moi et mes confrères consœurs des débiles mentaux

6 novembre 2000 LES ORPHELINS DE DUPLESSIS Numéro 477 Témoignage  
«On leur infligera les traitements réservés alors aux malades mentaux: camisoles de force, électrochocs, médication excessive et de toute façon inutile, isolement; on les privera d’éducation; il seront des travailleurs non-rémunérés. Au terme de cet inconcevable parcours, privés de dignité et d’identité, ils seront recrachés par la dévoreuse machine qui les aura brisés, détruits, abîmés jusqu’au plus profond d’eux-mêmes».

Les enfants ont tout, sauf ce qu’on leur enlève. Jacques Prévost

 

HISTOIRE DES ENFANTS TRISTES – Gérard Pelletier

Paru en juin et juillet 1950

Les 23 articles ont été rassemblés et publiés par
André Laurendeau

Dans L’ACTION NATIONALE

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PRÉSENTATION

Pour présenter cette brochure, c’est-à-dire pour en justifier la publication, je voudrais souligner un mot inscrit sur la page de garde : reportage.

Pour dire bien clairement que mon étude n’a pas la moindre prétention d’ordre scientifique. Je sais qu’elle est incomplète. Je sais qu’elle ne « couvre » pas le problème. Ce n’est pas une enquête véritable au sens que les travailleurs sociaux donnent à ce terme.

C’est un reportage, rien de plus. Mais si j’accepte qu’il prenne la forme d’une brochure, c’est dans l’espoir que ces quelques pages et les faits qu’elles contiennent, tous rigoureusement contrôlés, inspirent aux hommes de science le travail complet, scientifique, exhaustif dont nous avons le plus pressant besoin.

G. P.


I

LES CAUSES

UN PROBLÈME DE CONSCIENCE
Le sort de 12,000 enfants — Des personnes humaines
Lumière sur des faits — Nous sommes responsables

Le reporter qui trace ces lignes vient de passer deux mois au pays glacé de l’enfance malheureuse. Et pour ceux qui ne connaîtraient pas suffisamment le métier de journaliste, quelques mots d’explication.

Quand un journal lance sur une nouvelle piste son préposé aux enquêtes sociales, ce dernier ne connaît presque rien du sujet qu’il va traiter. Il se met en route avec, pour tout bagage, un carnet propre et quelques points d’interrogation. Mais le reporter sait bien ce qu’il veut: découvrir les faits, tous les faits. Éclairer dans son ensemble une situation généralement complexe, faire voir la réalité telle qu’elle est, après l’avoir débarrassée de toutes les versions officielles et de tous les commentaires tendancieux.

Or, comme le reporter part de zéro, il doit aborder tour à tour et les versions officielles et la réalité. Pour ce faire, deux méthodes s’offrent à lui.

BUREAUX

La première consiste à pénétrer dans son sujet par la porte de tout le monde, celle du rez-de-chaussée. Alors, le commentaire viendra le premier, la réalité ensuite. Le reporter devra faire antichambre. Il rencontrera des personnages officiels, des fonctionnaires, des professionnels de la question. Il écoutera la version de ceux qui chaque jour s’occupent du problème et qui en portent la responsabilité directe. Et quand il parviendra enfin dans les étages et le sous-sol du sujet, quand Il accédera à la réalité elle-même, il devra comparer les faits avec les commentaires qu’il vient d’entendre.

C’est une méthode. Mais ce préambule a justement pour but d’expliquer que la mienne est différente.

Pour m’initier aux problèmes de l’enfance en soutien, l’ai voulu procéder dans l’ordre inverse: voir d’abord le problème, prendre connaissance des faits brutaux, puis comparer mes conclusions spontanées, mes réactions de profane, avec les solutions qu’on applique couramment.

Je ne prêche pas cette méthode comme une théorie d’application universelle. Il n’est pas toujours possible de percer dès le premier jour le mur des statistiques. Mais dans le cas des petits sans famille, n’importe qui peut explorer leur domaine et connaître leur condition, pourvu qu’il y mette le temps et l’attention nécessaires.

Pour ma part, je suis entré tout de go dans une demi-douzaine de crèches et d’orphelinats. J’ai pris contact avec les enfants. Je les ai suivis à travers leurs maisons; je les ai écoutés quand ils avaient l’âge de parler. Je suis entré dans leurs classes, dans leurs dortoirs; j’ai fureté à travers les maisons froides et les visages tristes.

En quelques jours, j’avais acquis la conviction de toucher là l’un des problèmes les plus tragiques de notre société et l’un des moins connus.

CONSCIENCE

Quand je dis problème, je n’entends pas ici restreindre ce terme à son sens technique. Tout est « problème », de nos jours, depuis la bouteille de lait (ronde ou carrée?) jusqu’à la croyance en Dieu.

Mais je parle en ce moment d’un problème social et celui de l’enfance en soutien a toute l’ampleur des grands drames humains.

D’abord par le nombre des personnes humaines concernées. Sait-on seulement que dans notre seule province, l’État (donc, nous tous) a la charge directe de milliers d’enfants mineurs? L’orphelinat du coin de la rue, et dont la masse de brique jaune vous est devenue familière, ne représente qu’une fraction du problème. Si l’on réunissait un jour (mais Dieu nous en garde !) en un seul lieu tous les enfants sans soutien de la province, on pourrait en faire une ville de 12,000 habitants.

Et ce facteur quantitatif n’est évidemment pas le seul qu’il faille considérer. Le problème de l’enfance malheureuse, c’est le problème de milliers de personnes humaines que la société doit prendre à sa charge. Et ces personnes humaines, c’est leur destin tout entier qui se trouve en jeu puisque la société doit leur fournir appui au moment crucial de leur existence, cette enfance décisive au cours de laquelle s’amorce toute la vie.

Il serait trop facile de s’en tirer avec des statistiques et de croire le problème réglé parce que les subsides gouvernementaux ont sensiblement augmenté depuis des années. La réalité est beaucoup plus complexe, beaucoup plus délicate et fragile qu’un vote à l’Assemblée législative.

Le public peut bien faire confiance aveugle à une administration quand il s’agit de construire une route, encore que cette confiance lui coûte parfois fort cher. Mais quand la société, disons mieux la communauté, confie au gouvernement et à quelques congrégations religieuses le sort de milliers d’enfants, de tout petits sans ressources, nous n’avons pas le droit de considérer notre devoir rempli une fois que nous avons payé nos impôts.

Le problème de l’enfance en soutien, c’est en fait un problème de conscience.

SURSAUTS

L’histoire récente en notre province le prouve abondamment. A plusieurs reprises, au cours des derniers dix ans, le public a dressé l’oreille, comme un homme qui dort mal sur un problème mal réglé. Il suffirait de rappeler ici les incidents de Lorette, l’enquête Garneau et plus récemment le cri d’alarme du Mont-Saint-Antoine qui ne recevait plus de quoi nourrir ses pensionnaires convenablement…

Or, chaque fois que s’est éveillée la curiosité publique, un progrès très net a été enregistré, comme nous le verrons plus loin. Mais d’autre part, chaque fois aussi, notre littérature s’est enrichie de certains débats subjectifs assez stériles et de plusieurs ouvrages dont quelques-uns frisent la bêtise et la mauvaise foi.

Pourquoi ces débats n’ont-ils généralement rien avancé, ou, disons mieux, n’ont-ils pas provoqué les quelques pas décisifs qui se font encore attendre ? Tout bonnement parce qu’un problème de conscience provoque des réactions extrêmes et que le débat a toujours dévié sur la défense et l’illustration de nos institutions, de nos communautés religieuses, au lieu d’éclairer le problème profond des enfants.

NOS BUTS

Dans cette perspective, il est donc très important de clarifier dès aujourd’hui nos positions dans cette enquête, i.e. les buts que nous poursuivons par la publication de nos articles.

Ranimer un débat ? Point du tout. Père de famille, nous savons très bien qu’il est néfaste de se quereIler sur le sort des enfants. Néfaste et stérile. Mais nous croyons par ailleurs que tous les citoyens participent, vis-à-vis l’enfance en soutien, d’une responsabilité qui n’est pas étrangère à la paternité elle-même. Ce n’est pas en journaliste que nous envisagerons ce problème, mais en père de famille. Toute autre attitude nous paraitrait faillir à la charité, la vraie, celle qui ne tend pas l’aurnône au bout du bras.

S’agira-t-il d’attaquer celui-ci, d’incriminer celui-là, de partager les fautes et d’attirer sur les têtes des châtiments? Cela non plus ne nous intéresse pas, trop persuadés nous-mêmes que la responsabilité s’étale sur toute la société et que personne n’a le droit de s’y dérober.

Voulons-nous donc prêcher un système ? Nous engageons-nous dans cette étude avec des pensées derrière la tête? Tout au contraire. Nous avons abordé franchement le sujet, sans aucun préjugé. Et nous espérons faire voir clairement, quand viendra le moment de conclure, que nos convictions acquises l’ont été à la seule lumière des faits et de la plus élémentaire raison.

Qu’on n’aille donc pas nous supposer des intentions obscures.

Utiliser le sort des enfants pour attaquer un gouvernement nous apparaîtrait comme un acte odieux.

Disserter sur leurs misères pour satisfaire des préjugés de sociologue amateur ne vaudrait guère mieux. Nous n’avons donc qu’une seule pensée: faire connaître les joies et les misères de milliers d’enfants dont nous sommes tous responsables, afin que s’améliore leur condition.

Nous ne demandons donc au lecteur, outre son attention de quelques minutes quotidiennes, qu’une chose : cette confiance élémentaire qui permet le travail efficace et le crédit de notre sincérité.

À LA SOURCE DU MAL

Chaque année, plus de 3,000 naissances illégitimes —
Ceux qu’on n’adopte pas — Qu’est-ce qu’un orphelin ? —
Les questions qui se posent

Quand j’ai cité hier ce chiffre de 12,000 enfants, le lecteur s’est sûrement posé une question : « D’où viennent-ils, au juste ? » Et pour bien situer le problème, il importe en effet d’en déterminer la source, le plus exactement qu’il est possible.

Sans doute le grand public a-t-il des notions générales sur le problème de l’enfance en soutien. Il sait par exemple que les enfants dits illégitimes en fournissent un contingent et les orphelins le reste. Mais tout cela est assez vague et quelques chiffres mettront les choses en place.

SANS PARENTS

Il est impossible d’évaluer avec précision le nombre d’enfants illégitimes qui naissent chaque année dans notre province. Il est plus difficile encore d’établir, même en gros, le lieu d’origine des parents. Cela s’explique facilement, dès qu’on y réfléchit: la fille-mère recherche l’anonymat. Quand vient la fin de la grossesse, le moment de mettre son enfant au monde, elle quitte presque invariablement son milieu et se réfugie dans une grande ville, soit principalement à Montréal et à Québec.

Notons en passant que le nombre des naissances illégitimes dans ces deux centres n’implique évidemment pas grand’chose quant aux moeurs des populations urbaines, comme on le laisse croire dans certains ouvrages. Les villes ont à ce chapitre des statistiques fort exagérées, du fait même qu’elles recueillent de partout les filles-mères en quête d’anonymat.

Quant aux naissances illégitimes enregistrées comme telles, le service fédéral de la démographie nous révèle les chiffres suivants. Au cours des cinq années qui se sont écoulées entre 1943 et 1949 (les statistiques de cette dernière année ne sont pas encore publiées), on a enregistré dans la province de Québec les nombres suivants de naissances illégitimes

 1944 3,098
1945 3,058
1946 3,630
1947 3,712
1948 3,792


DES MILLIERS

Qu’advient-il chaque année de ces trois mille enfants (bientôt quatre mille) que la société reçoit presque tous en tutelle ? La grande majorité trouvent bientôt un foyer d’adoption et, du même coup, la chance d’une vie normale. Mais comme nous n’avons pas l’intention d’examiner tout de suite le problème de l’adoption, ce sont les autres enfants qui nous préoccupent, les quelques centaines de tout petits sans famille qui se trouvent laissés pour compte dans l’institution qui les avait recueillis.

Ceux-là s’engagent dans une filière d’institutions diverses d’où ils ne sortiront qu’à 16 ou 18 ans pour tenter l’aventure dans le monde des hommes normaux…

Pourquoi l’adoption n’a pas résolu leur problème ? Nous trouvons à cela tout un jeu de raisons complexes et dont j’aligne ici les principales.

10 Il peut s’agir d’enfants malades, handicapés de quelque manière et à cause de cela impropres à l’adoption. C’est le cas de presque toutes les petites filles qui restent en institution puisque, en matière d’adoption, la demande dépasse l’offre quand il s’agit de filles.

20 Pour les garçons, au contraire, plusieurs, chaque année, restent sur le carreau. Et pour des raisons que nous analyserons plus loin, chaque mois qui s’ajoute à leur âge diminue d’autant leurs chances de trouver un foyer. Ils atteignent vers 3 ans le point mort et tous les intéressés s’accordent à dire qu’on retrouvera encore dans l’institution, seize ans plus tard, les petits malheureux qui y célèbrent leur troisième anniversaire. Voici donc une proportion d’enfants illégitimes, sains de corps et d’esprit, qui grandiront dans les maisons communes de l’enfance en soutien.

30 Enfin, il reste les enfants, garçons et filles, qui ne peuvent pas être placés en adoption parce que les filles-mères n’ont pas renoncé à leur droit maternel. On sait que la loi du Québec ne permet pas aux sociétés d’adoption de placer un enfant sans le consentement de la mère. Cela semble normal au premier coup d’oeil mais donne lieu, dans de très nombreux cas, à de véritables drames.

La fille-mère porte à son enfant un intérêt souvent sentimental. Elle le laisse en institution. Elle refuse de céder ses droits. Il suffit qu’elle fasse parvenir à la crèche une carte postale, de six mois en six mois, pour qu’au terme de la loi l’enfant soit intouchable.

Il vieillit, grandit; on le refuse aux parents adoptifs qui le remarquent et le demandent. Il franchit l’étape fatale de la troisième année; il est désormais impropre à l’adoption… et la fille-mère l’oublie. Le petit restera toute sa vie sans famille, seulement parce que la loi ne distingue pas, n’admet pas la tutelle, et fait à la fille-mère une confiance sans conditions.

« ORPHELINS »

Précisons tout de suite que la grande majorité des pupilles de l’État n’est pas composée d’enfants illégitimes mais au contraire d’enfants séparés de leurs familles pour diverses raisons et qu’on désigne sous le nom d' »orphelins ».  Mais le terme ne doit pas être pris dans le sens précis qu’on lit au dictionnaire.

On serait surpris de compter dans chaque « orphelinat » les enfants légitimes dont les parents sont bien vivants ! Ils forment généralement la majorité.

Ce qu’on appelle « orphelinat » est en fait une maison pour enfants de foyers pauvres ou divisés. Le nombre est effarant des familles miséreuses qui trouvent dans l’éloignement de leurs petits la solution à leurs difficultés économiques. Nous verrons dans quelques jours comment certains services sociaux contournent la difficulté et parviennent à secourir les familles sans les diviser, mais il reste, hélas! de nombreux cas où l' »orphelinat » constitue la seule solution pratique…

De plus, l’orphelinat recueille les enfants de parents qui vivent et qui travaillent mais que le désaccord conjugal a séparés l’un de l’autre.  Ceux-là encore forment un contingent plus fort que celui des véritables orphelins. De ce dernier nombre, il y a les orphelins de mère, que le papa ne peut plus garder parce qu’il a « cassé maison » à la mort de sa femme. Il y a les orphelins de père dont la mère veuve ne peut évidemment pas vivre à même nos scandaleuses pensions des mères nécessiteuses dont nous montrerons plus loin la sinistre-bêtise.

Et enfin, faible majorité, les « grands orphelins », ceux dont père et mère sont décédés et qui n’ont trouvé refuge chez aucun parent plus éloigné.

PROPORTIONS

La proportion exacte de ces divers groupes ? Je n’ai pu trouver nulle part de compilation exacte quant aux nombres globaux. Mais à titre d’exemple, je citerai le cas d’un petit orphelinat rural. Sur 72 pensionnaires, 50 environ viennent de foyers divisés, une quinzaine de foyers sans père ou sans mère, à peine 6 ou 7 de foyers sans parents.

Et je ne serais pas surpris d’apprendre, si jamais on nous donne des compilations complètes, que les mêmes proportions s’appliquent à l’ensemble des quelque sept mille enfants qui vivent dans les orphelinats et qui sont tous nés de parents légitimes.

Quoi qu’il en soit, tel est le problème.

Des crèches et des foyers en panne, des centaines d’enfants continuent d’affluer vers les institutions diverses qui leur sont réservées. Chaque année, le nombre augmente. Chaque année, de nouvelles maisons s’édifient.

Or, nous posons devant ces milfiers d’enfants la question qui intéresse tout le monde, et en premier lieu notre conscience: quel sort est réservé à ces personnes humaines? Quelle condition de vie leur est faite et quelle chance leur est donnée de réparer avant l’âge adulte l’accident du destin qui en fait des déclassés ?

UN MARCHÉ NOIR DES ENFANTS?

Pourquoi il est possible — Comment il se pratique —
Exceptions? — Il nous manque des témoins

Existe-t-il dans notre province un marché noir des bébés ? Autant dire notre avis sur cette question, puisqu’elle se pose, avant d’aborder le problème de la fille-mère.

Car on se souvient que l’été dernier, un rapport publié par une assistante sociale d’Ottawa avait créé dans notre presse un incident considérable.  L’accusation était de taille puisque nos sociétés d’adoption ont senti le besoin de protester publiquement et de nier point par point toutes les implications du rapport en question. On accusait le Québec de vendre des nourrissons sur le marché noir à certains clients américains.

Quant aux profanes, on peut dire qu’ils n’y ont rien compris. Et nous admettrons volontiers qu’au premier coup d’oeil les affirmations de Mlle Burnes semblaient bien dénuées de toute vraisemblance.

PLAUSIBLE

Existait-il vraiment des ménages disposés à payer un enfant quand on nous chante sur tous les toits que les crèches sont remplies de bébés, quand les sociétés d’adoption prêchent dans nos églises sur le dénuement des tout-petits qui tendent les bras en vain? Comment donc le marché noir pouvait-il subsister dans ce domaine où, selon toute apparence, l’offre dépasse continuellement la demande ?

Il faut cependant y regarder de plus près. Et si cette accusation a fait dresser l’oreille aux spécialistes, c’est qu’en dépit de son aspect loufoque elle était fondée sur des faits réels et bien connus des personnes qui s’intéressent à l’enfance malheureuse.

Rappelons d’abord un fait que nous signalions déjà dans notre article d’hier: le nombre considérable de ménages qui demandent à adopter des filles. Tandis que des centaines de garçons grandissent dans les institutions, on ne trouve pas assez de petites filles pour satisfaire à toutes les demandes.

Mais il y a plus. Le rapport de Mlle Burnes visait un prétendu commerce international. A l’en croire, c’étaient des parents américains qui, moyennant finance, venaient chercher ici des enfants qu’ils emportaient ensuite chez eux au mépris de toute loi. Et loin d’augmenter la vraisemblance de l’accusation, cette note cosmopolite la rendait, aux yeux du profane, moins plausible encore.

Pourtant, les spécialistes de la question s’y reconnaissaient, eux, de mieux en mieux. Car ils savent que les exigences des sociétés d’adoption aux Etats-Unis dépassent de beaucoup en sévérité celles des sociétés correspondantes dans notre province. Pour obtenir un enfant en adoption, le ménage américain doit passer par une série de tests, d’examens, d’entrevues et d’enquêtes qui durent plusieurs mois. Nos voisins ne manquent certes pas d’enfants illégitimes qui cherchent un foyer, mais les Américains insistent très fort sur les qualités de ce foyer. Ils poussent très loin les précautions; ils font l’impossible pour que chaque adoption soit un succès, et un succès permanent.

Le moment n’est pas venu de juger s’ils ont tort ou raison, ni de comparer leurs méthodes aux nôtres. Notons seulement le fait. Il explique assez bien que des ménages d’outre-frontière, en quête d’une adoption facile, viennent tenter ici leur chance. Ils peuvent le faire en conformité avec notre loi et déjà cela représente pour eux un avantage sensible. On sait en effet que la loi québécoise permet l’adoption légale après une période d’essai de six mois seulement, alors qu’aux Etats-Unis les délais sont beaucoup plus longs et se chiffrent en années.

Mais ils peuvent aussi le faire illégalement, au mépris de nos lois et des leurs, et c’est alors qu’on peut vraiment parler d’un marché noir des bébés.

UN EXEMPLE

Ce dernier existe-t-il ? Ma réponse sera très prudente mais nettement affirmative.

Elle sera prudente pour une raison très simple. C’est qu’en cette matière, les témoins se défilent invariablement dès que le débat devient public. Ces témoins, qui sont-ils en effet ? Les filles-mères elles-mêmes, les seules, avec le médecin marron et les Américains complices, à connaître la vérité sur la naissance de leur enfant. Sur la foi de quelques témoignages, soigneusement vérifiés, je puis bien affirmer que le marché noir se pratique. Mais de là à citer des cas précis, à donner des noms, des lieux et des dates, il y a toute la marge entre une certitude privée et une preuve légale…

Un exemple fera mieux comprendre la situation du reporter en pareille matière.

Une fille-mère me raconte comment elle a mis au monde un enfant à l’hôpital privé du Dr Z. Elle avait choisi celui-là parce que le Dr Z avait la réputation de « placer » les enfants dans des familles très riches et d’une façon absolument anonyme, inconnue de tous, y compris des sociétés d’adoption elles-mêmes.

Cet anonymat coûtait fort cher: grosse somme au médecin (nous verrons comment les filles-mères sont parfois exploitées) pour l’accouchement et l’hospitalisation et grosse somme pour le « placement » dont on avait la garantie qu’il assurait au petit un avenir de richard américain…

La jeune fille s’est donc rendue à l’hôpital après un long séjour anonyme dans une famille modeste de la métropole. Pendant son séjour dans cette institution privée, elle n’a eu connaissance de rien mais elle s’est liée d’amitié avec une garde-malade qui lui apprendra plus tard ce qui s’est passé.

COMMERCE

Dès l’annonce d’une naissance, le médecin s’était abouché avec un « client » des États-Unis. Moyennant forte somme, ce dernier devait « séjourner » à Montréal, longuement, autour de la date probable, avec son épouse. Puis, le moment venu, on avait falsifié un certificat de naissance. Le nouveau-né devenait le fils légitime du ménage américain qui repassait la frontière avec lui quelques semaines plus tard. Ni vu ni connu !

Or, cette histoire se répète, à quelques détails près, dans plusieurs cas.  Les témoins ne sont pas toujours les mêmes. Le sangfroid des responsables de l’hôpital confine parfois au sans-gêne et les faits sont encore plus patents. Il est donc incontestable que ces pratiques ont cours.

Mais comment le prouver ? Est-ce la fille-mère qui va témoigner devant les tribunaux et dévoiler de la sorte un secret qui lui a coûté plusieurs centaines de dollars ? Est-ce l’infirmière? Elle aussi devrait alors révéler le nom de la mère véritable et s’attirer des ennuis sans fin; pour quel profit. La pratique paraît d’ailleurs assez anodine aux yeux de gens distraits. Et si j’affirme sans hésitation qu’elle a cours,  je crois aussi qu’elle est assez peu répandue. Les quelques cas que j’ai relevés ne sont probablement que des exceptions. Et avant de conduire dans ce domaine des recherches fatalement longues et difficiles, mieux vaudrait s’attaquer à des pratiques autrement criminelles comme par exemple l’avortement. Mieux vaudrait aussi mettre à jour l’exploitation éhontée de la mère par certains hôpitaux privés, exploitation beaucoup plus courante.

PAS UNE FABLE

Le marché noir des bébés n’est pas une fable. C’est cela surtout que je voulais tirer au clair. Mais je ne puis affirmer qu’il se pratique sur une haute échelle. Et dans cette mer de problèmes que constitue l’enfance en soutien, il ne mérite certainement pas de retenir le meilleur de notre attention.

On peut souhaiter, certes, que les travailleurs sociaux et tous les médecins honnêtes, toutes les infirmières intègres, gardent l’oeil ouvert.  Faire commerce de vies humaines reste une transaction particulièrement odieuse et qui mérite d’être traquée jusqu’en ses derniers repaires. Mais puisque le journaliste reste impuissant à déterminer des nombres, à formuler des accusations précises, mieux vaut nous appliquer à l’examen d’autres faits plus patents et non moins troublants pour nos consciences d’hommes libres.

« PLAÇONS BÉBÉS »

Hôpital à deux portes — Pour l’amour du silence  —
Fausses représentations — Une formule à trouver

« Hôpital X, maternité privée. Toute discrétion. Plaçons bébé. » En moins de dix mots, ce petit texte publicitaire résume admirablement le drame de la fille-mère. On n’a qu’à réfléchir un instant sur chacun des quatre item qu’il contient : tout le problème est là.

Mais auparavant, pour dissiper les malentendus, disons que cet article ne vise pas tous les hôpitaux privés dont certains sont sans doute très bien administrés. Malheureusement, il est impossible de donner à tous les établissements du genre la même absolution générale. Un manque de surveillance efficace, l’octroi de permis sur simple visite des lieux et vérification des titres du personnel, d’autres négligences encore font de plusieurs hôpitaux privés des antres d’exploitation éhontée, de transactions odieuses
.
Mais revenons désormais à notre texte publicitaire et réfléchissons ensemble sur les deux premiers item : « Hôpital X, maternité privée ».

La première question qui se pose à l’esprit est la suivante: « pourquoi les filles-mères vont-elles se faire exploiter dans ces établissements louches quand il en existe d’officiels qui se spécialisent dans l’accueil de tels cas ? »

UNE OBSESSION

La réponse est simple: c’est que la fille-mère est obsédée par le problème de l’anonymat et qu’elle redoute justement les maisons « officiellement spécialisées en cette matière ».

Je n’entreprendrai pas ici de décrire l’état d’âme de la jeune fille qui attend un enfant. Ce serait peine inutile puisque le lecteur n’a aucune difficulté à l’imaginer. Même si nos moeurs évoluent rapidement, depuis quelques années, vers plus de compréhension charitable, il reste que la fille-mère est encore aujourd’hui un objet d’horreur pour tout le monde et surtout pour ses proches. Il n’est question que de la « honte de la famille » et, l’état de grossesse aidant, il arrive que les malheureuses tombent dans des dépressions qui confinent à la maladie mentale.

Or, c’est dans cet état d’esprit que la jeune fille enceinte doit aborder le difficile problème d’un accouchement secret et d’un séjour à l’étranger suffisamment long pour détourner les curiosités indiscrètes.

Dans la plupart des cas, non seulement la fille-mère doit porter l’opprobre de son entourage mais elle finit par se croire elle-même la dernière des criminelles. Elle finit par s’accuser de tous les péchés d’Israël, à douter de son avenir, à s’ancrer dans le déshonneur. Et nos institutions, disons-le, images de nos préjugés, semblent confirmer à plaisir cette idée fausse.

ENTRÉE DES FILLES-MÊRES

Pour s’en convaincre, votre reporter s’est présenté lui-même dans un hôpital de cette province. Il s’est donné pour le monsieur qui cherche à placer une amie mal en point mais qui est disposé à tout payer. Savez-vous ce qu’on lui a répondu ? Qu’il se trompait de porte, qu’on n’admettait là que les femmes mariées, que les filles-mères étaient reçues par une porte différente et logées dans une aile à part.

Puis, sur l’insistance du monsieur, on lui a expliqué qu’aucune épouse légitime n’accepterait de loger à la même enseigne que les filles-mères, encore moins de partager leurs salles ou leurs chambres. Est-ce la faute de l’hôpital ? J’hésite à répondre. On rencontre aux États-Unis des collèges catholiques qui n’admettent pas les Noirs, non certes parce qu’ils les méprisent, mais parce que les parents blancs ne « toléreraient pas » le compagnonnage de leurs rejetons avec des étudiants de couleur. Les deux cas se ressemblent étrangement.

Et ainsi, par le rejet constant de la fille-mère, on conduit parfois cette dernière au bord du désespoir. Et pourtant, tous les travailieurs sociaux vous diront qu’en dehors de quelques récidivistes, la grande majorité des filles-mères sont de fort honnêtes gens. « Les filles de vie, se hâtent-ils d’expliquer, savent les moyens à prendre pour éviter l’enfant. » De plus, nombre de filles-mères se plaignent du travail qu’on leur donne à faire dans les grands hôpitaux d’accueil. Ont-elles raison ? Il est bien difficile de le savoir. « Trop de travail » est une notion bien subjective. Les autorités des hôpitaux en question vous expliquent au contraire que le travail est mesuré selon les forces, la résistance et les aptitudes de chacune, qu’on tient compte de l’état de grossesse des pensionnaires.

Mais pour qui connaît par ailleurs le régime de travail dans tous nos hôpitaux, il n’est pas étonnant d’entendre les filles-mères se plaindre des tâches qui leur sont confiées. Nous verrons plus loin, en parlant des crèches, le régime inhumain que doivent s’imposer religieuses et infirmières. Celles-ci le font par dévouement. Elles ont choisi ce travail.  Elles ne se trouvent pas elles-mêmes en période de crise comme la fille-mère qui entre à l’hôpital dans le quatrième mois de sa grossesse, avec là perspective d’y demeurer claustrée jusqu’à la naissance de son enfant.

EN SCYLLA…

Pour toutes ces raisons d’inégale valeur, et d’autres encore sans aucun doute, beaucoup de filles-mères refusent l’aide officielle des hôpitaux spécialisés. En quête d’une discrétion plus étanche ou d’un milieu plus confortable, elles frappent à la porte de l’hôpital privé : « Toute discrétion.  plaçons bébé. »

Et ce faisant, à quelques rares exceptions près, elles tombent de Charybde en Scylla.

Toute discrétion ? Oui. Peut-être. Le doute n’est toutefois pas interdit.  L’hôpital qui, par chantage, arrache $300 ou $500 à une pauvre fille pour.des soins qui devraient coûter $150, ne fait-il pas la preuve d’une conscience professionnelle très large ? Ne peut-on pas soupçonner qu’on y fera aussi peu de cas de la discrétion, si jamais l’indiscrétion peut devenir profitable ?

Enfin, les sociétés d’adoption se sont élevées, avec combien de raison, contre ce « Plaçons bébés » des textes publicitaires. Je sais des cas où l’hôpital a réclamé de fortes sommes à la fille-mère pour ce prétendu placement, après quoi on est allé déposer le bébé à la crèche où il vit depuis aux frais du contribuable. Comment qualifier de tels procédés ? On ne trouve que deux mots adéquats: fausses représentations.

Une fois de plus, qui relèvera ces pratiques ? Qui s’en plaindra tout haut, avec dossier à date et preuves circonstanciées ? La fille-mère en parlera dans son entourage immédiat, quand la crise sera passée. Mais les faussaires pavent très bien qu’elle a tout intérêt à payer sans mot dire; ils tablent sur la misère de leur patiente et sur la « honte de là famille ».

Et c’est ainsi que des jeunes filles fort honnêtes, victimes d’une passade malheureuse, sortent chaque mois de l’hôpital privé avec un mauvais souvenir et des dettes pour quelques années…

CONCLUSION

Quant à l’enfant qu’elles mettent au monde, il prend, comme tous les autres, le chemin de la crèche. Et cette situation se reproduit dans presque tous les centres urbains de quelque importance.

Avons-nous trouvé la manière adéquate de traiter avec la fille-mère? Disons tout de suite que les un dernières années ont marqué un progrès très net. Les hôpitaux sont aujourd’hui dotés de services sociaux qui s’occupent de la jeune fille pendant toute la durée de son séjour, qui la suivent même à sa sortie et l’aident à se réhabiliter. La traite des blanches à la porte des maternités ne se pratique certainement plus comme autrefois, du moins pas à la même échelle. Et le séjour dans des familles, pendant la grossesse, se pratique de plus en plus avec des résultats nettement positifs.

Mais si le sujet ne débordait pas les cadres de cette enquête, nous aimerions dire les conditions idéales de l’hospitalisation des filles-mères. Deux orientations au moins semblent imposées par les faits il nous faut des établissements plus petits et moins officiellement étiquetés comme refuges pour pécheresses…

LA PINGRERIE SORDIDE DU QUÉBEC

Le cas des mères nécessiteuses — Nos taux sont les plus bas au pays
— $57 par mois pour la ère et 10 enfants —
Trois enfants ontariens valent seize petits Québécois  —
Une comédie politique

J’ai fait lire tout à l’heure à un ami le titre de cet article. Il l’a cru emprunté à une brochure des Témoins de Jéhovah, mais il n’en est rien. On verra, par les faits cités plus bas, qu’il correspond rigoureusement à la réalité.

Car si la naissance illégitime s’avère grande pourvoyeuse des institutions de soutien, il faut reconnaître que la loi provinciale d’Aide aux mères nécessiteuses lui fait, dans ce domaine, une rude concurrence.

Je songe, en traçant ces lignes, aux ennemis jurés de l’assistance publique et de l’action gouvernementale en matière de secours. Certaines gens bien confortables, à petites rentes ou à gros revenus, protestent avec constance contre les dépenses de l’État. C’est leur opinion sans doute, jointe au mépris de notre gouvernement pour les pauvres, qui explique la situation présente.

Et je songe aux arguments que nous entendons couramment contre les pensions. « Les gens attendent tout du gouvernement. »

« Les gens ne songent plus à se débrouiller comme autrefois. Le socialisme leur a fait croire que tout leur était dû. Nous allons vers la paresse intégrale avec toutes nos lois dites sociales. »

Je voudrais que nous gardions en mémoire tous ces beaux raisonnements en prenant connaissance des faits qui suivent.

MORT DU PERE

Nous voici dans une famille ouvrière de huit ou dix enfants. (Elles ne sont pas rares.) Et dans cette famille que nous visitons, un grand malheur vient d’arriver: la mort du père. Cela non plus n’est pas rare. J’ai vu ces derniers mois autant de cas qu’il en faut pour remplir un volume.

Voici donc une maman (35 ans peut-être) seule avec huit enfants dont l’aîné n’a pas quinze ans. A ce rythme de naissance, inutile de dire que la famille n’a devant elle pas la moindre économie. Le salaire du mari suffisait à peine pour régler les factures courantes. On n’avait même pas de quoi régler annuellement une prime d’assurance sur la vie.

Et nous sommes, répétons-le, dans une famille ouvrière. Toute la parenté, tous les amis vivent sur la même marge étroite du salaire rarement suffisant. Je demande donc aux théoriciens de la débrouillardise: que va faire cette maman? Comment peut-elle se passer de l’appui gouvernemental sans tomber dans la misère la plus noire?

C’est extraordinaire ce qu’une situation bien concrète peut dégonfler certains arguments de rentiers. Le bourgeois raisonne toujours à partir de sa propre vie. S’il mourait, lui, il y aurait son oncle à héritage, ses beaux-parents, son assurance-vie, la vente de sa maison . . . autre chose, encore, à quoi il ne pense même pas maintenant.

Mais sur l’horizon gris d’une famille ouvrière, aucune de ces échappées. La famille est acculée à la misère noire aussitôt que l’unique revenu, celui du père, cesse d’arriver. Toute association avec une famille quelconque de la parenté ne serait qu’une addition, qu’une concentration de misères.

NOTRE LOI

C’est pour cela, sans doute, que toutes les provinces canadiennes ont voté, chacune à son tour, des lois sur l’Aide aux mères nécessiteuses.  On ne pouvait tout de même pas, indéfiniment, laisser croupir dans la misère des familles complètes.

Mais si vous croyez que le Québec, province catholique, province de familles nombreuses, a battu la marche en cette matière, il faut malheureusement vous détromper.

J’ai relevé, par simple curiosité historique, la chronologie de ces législations provinciales. J’ai découvert que notre province, la deuxième en importance du Canada, se classe au septième rang pour la promptitude à secourir ses familles indigentes. Les législations initiales en cette matière ont été votées dans les différentes provinces aux dates suivantes:

Manitoba : 1916
Saskatchewan : 1917
Alberta : 1919
Colombie : 1920
Ontario : 1920
Nouvelle-Ecosse : 1930
Québec : 1937
Nouveau-Brunswick : 1943
Ile du P.-E. : 1949

Nous n’avons donc été battus, sur le terrain de l’incurie, que par les deux provinces les plus pauvres du pays. Et si nous examinons maintenant la teneur de chacune de ces lois, nous découvrons qu’en pingrerie, nous détenons un record absolu. Seuls les chiffres pour Terre-Neuve manquent encore à notre dossier, je me réserve de corriger plus tard s’il y a lieu.

Mais des neuf provinces territoriales du pays, c’est la nôtre, la plus « familiale » de toutes, qui sert aux mères nécessiteuses les pitances les plus ridicules.

TAUX

Je n’entreprendrai pas ici une revue complète de tous les taux payés à travers le Canada. Une telle énumération risque trop d’être fastidieuse. Ayant affirmé que les taux du Québec sont les plus bas, il me suffira de les comparer maintenant avec ceux d’une province plus pauvre et ceux d’une province plus riche que la nôtre.

Dans le Québec, une mère est reconnue nécessiteuse si elle a perdu son mari, si ce dernier est hospitalisé dans un asile d’aliénés, dans un sanatorium de tuberculeux, s’il est devenu invalide ou s’il a déserté le foyer. Ces critères d’éligibilité sont d’ailleurs reproduits à peu près textuellement des législations précédentes votées dans les autres provinces. Ils ne varient guère d’un bout à l’autre du pays, si ce n’est en matière de propriétés autorisées.

Chez nous, la mère n’est plus éligible si elle possède plus de $3,000 dollars en immeubles ou biens d’usage domestique et $1,000 en valeurs liquides, alors que la maman ontarienne peut posséder $4,000 et $1,000 tout en restant éligible.

Mais là où les grandes différences se font sentir, c’est sur le taux même des secours accordés.

Le maximum payable en Québec pour une mère et un seul enfant est de $30 dans les localités de moins de 5,000 âmes, et $35 dans les localités plus importantes. Puis, selon le nombre des enfants qui restent à sa charge, l’échelle s’établit comme suit,

 Mère et 2 enfants : $36 par mois
– 3 – $37
– 4 – $38
– 5 – $39
– 6 – $41
– 7 – $43
– 8 – $46
– 9 – $49
– 10 – $52

De plus, au cas où cette fortune due à la générosité de la province risquerait de trop enrichir la mère nécessiteuse, il lui est interdit de se procurer, par son propre travail, plus de $25 dollars par mois. Si elle en gagne $26 ou $30, elle perd sa pension.

Les chiffres sont donc très clairs: pour éduquer, loger, nourrir et habiller une famille de dix enfants, la maman québécoise en soutien n’a pas le droit de toucher plus de $77 dollars par mois, soit $19.25 par semaine. Et cela, si la maman trouve le temps de travailler (on sait que 10 enfants laissent beaucoup de loisirs). Si par hasard la maman ne pouvait pas travailler, la province lui offrirait un dédommagement royal de $5 (sic) par mois. Ce qui porterait l’allocation totale à $57 dollars par mois.

N’importe quel imbécile peut vous dire que ces taux maximums ne couvriront même pas les factures d’épicerie. Mais notre gouvernement ne l’a pas encore saisi. Il compte sur les allocations familiales pour défrayer le reste.

Ne l’a-t-il pas prouvé? Notons-le en effet. Quand le gouvernement fédéral a voté les allocations, la mère recevrait $5 dollars par mois pour chaque enfant, au titre de mère nécessiteuse. Mais naturellement, le gouvernement a raisonné que la prébende fédérale en plus fournirait à la mère un revenu exageré; c’est pourquoi il a réduit l’allocation par enfant à $1 dollar, et reporté sur la pension de la mère elle-méme (taux fixe) les sommes ainsi « ménagées ».

Puis, comme on ne doit pas liésiter à faire de la politique à même la misère des pauvres, M. Duplessis a établi, à compter du sixième enfant, un « taux croissant » que les allocations ne donnaient pas, de $2 dollars par mois pour le sixième et le septième, de $3 dollars pour chacun des autres enfants.

Et le tour était joué. Si cela ne s’appelle pas de la pingrerie sordide, il faut reviser les définitions du dictionnaire.

AILLEURS ?

En Ontario? La même famille de dix enfants recevra $140 dollars par mois plus une allocation de chauffage et une autre allocation de $10 dollars est prévue pour des cas spéciaux. C’est presque le triple des taux québécois. (1)

Mais l’Ontario est riche, diront les sceptiques, plus riche que le Québec.

Examinons alors le cas de la Saskatchewan, dont le burget provincial ne fait pas la moitié du nôtre. Une famille de 10 enfants y recevrait $75 dollars, et la mère est autorisée à des revenus personnels jusqu’à concurrence de $45 dollars par mois.

Cependant, l’Ontario et la Saskatchewan touchent tout aussi bien que le Québec les allocations familiales.

Mais ils n’ont pas l’avantage d’une politique « nationale, sociale ».

Il est donc facile de comprendre que tous nos orphelinats soient remplis à craquer. Car si la maman garde avec elle son deuxième, troisième ou dixième enfant, I’État ne lui viendra en aide que misérablement, à raison d’un dollar, de deux dollars ou de trois dollars par mois. Si au contraire elle se sépare de son enfant et le confie à une institution, le gouvernement dépensera pour cet enfant $21 dollars par mois s’il est placé dans un orphelinat ordinaire, $27 dollars par mois s’il est placé dans un orphelinat spécialisé.

N’est-ce pas là une façon détournée, indirecte mais très efficace de disloquer les familles? Quelle veuve, quelle épouse séparée voudra garder des enfants à partager sa misère, quand elle peut leur trouver un abri et une éducation convenable au prix de l’éloignement?

Et c’est ainsi que notre province, par sa honteuse pingrerie, écartèle les familles et joue une comédie sans nom d’aide aux miséreux.

____

(1) Pour toucher l’allocation ontarienne d’une famille de 3 enfants, soit $70 dollars, il faut que la mère québécoise ait 16 enfants à sa charge.

Évidemment, comme au Québec nous avons connus les Orphelins de Duplessis

 

La Nation Autochtones du Québec – TÉMOIGNAGE

Vendredi, le 3 mars 2006TÉMOIGNAGE par Serge-André Guay
L’enfer des Amérindiens dans les pensionnats canadiensTrois Amérindiens du Québec lèvent le voile sur les sévices subis par les enfants de leurs peuples dans les pensionniats canadiens où ils étaient placés de force par les gouvernements au cours des années 1950. Il aura donc fallu plus d’une cinquantaine d’années à ces trois Amérindiens pour dénoncer la situation passée. Pourquoi? La honte, car il s’agit entres autres de sévices sexuels.À titre d’éditeur de plusieurs auteurs européens, je reçois régulièrement des demandes d’information au sujet de l’histoire nord-américaine. L’un des sujets de prédilection demeure les Amérindiens. Pour certains, le sujet est folklorique, tout comme les «cabanes en bois rond» et les «grands espaces» canadiens. Pour d’autres, le sujet est historique et souvent dramatique. Ils s’inquiètent avec raison du sort réservé aux peuples amérindiens sous la gouverne des blancs. Un peu plus tôt cette semaine, la télévision d’Etat, Radio-Canada, a levé le voile une fois de plus sur l’un des aspects les plus troublants de l’histoire récente des Amérindiens du Canada dans un reportage que l’on peut écouter en ligne ou en visitant le site internet des nouvelles télévisées. Les intéressés trouveront le reportage sont le titre: «Le secret du pensionnat d’Amos» (Amos étant le nom d’une ville de la région de l’Abitibi, la porte Nord-Ouest du Nord québécois). Ce reportage fait état du sort réservé aux Amérindiens dans l’un des 300 pensionnats construits par le gouvernement canadien dans les années 1950 pour éduquer les peuples amérindiens partout au pays. Les parents amérindiens étaient obligés d’envoyer leurs enfants dans ces pensionnats gérés majoritairement par l’Église catholique, à la demande même du gouvernement. Aujourd’hui, plus de cinquante ans plus tard, trois autochtones (amérindiens) acceptent de témoigner des sévices qu’ils ont subis dans le pensionnat où ils furent forcés d’aller, celui de la ville d’Amos.

Une expression relativement nouvelle est née pour désigner les enfants placés dans les pensionnats à cette époque: «les orphelins de Duplessis», du nom du Premier ministre d’alors, Maurice Duplessis, dont le règne s’étendra du 26 août 1936 au 8 novembre 1939 et du 30 août 1944 au 7 septembre 1959. Dans les manuels scolaires d’histoire du Québec, on désigne cette période sous le nom: «La grande noirceur», en raison, entre autres, des actions du gouvernement Duplessis empêchant le Québec d’entrer dans la modernité. Fait bien connu de cette époque, les pensionnats, où des milliers d’enfants furent «internés», étaient confiés à l’Église catholique qui faisait et défaisait les gouvernements en ce temps-là. On y retrouvait non seulement les enfants orphelins mais aussi des enfants nés hors mariage, des enfants handicapés, des enfants déficients intellectuels et… les enfants des Amérindiens. L’expression consacrée «Les orphelins de Duplessis» fait allusion à tous ces enfants abandonnés par la société de l’époque aux mains de gouvernements et des Eglises.

Dans le reportage, Radio-Canada présente des extraits de ses archives de l’époque, où les animateurs expliquent la grande opération d’éducation des Amérindiens par le gouvernement du Canada. Remarquez l’absence de sens critique; la télévision d’Etat n’est alors qu’un écho du programme. Autrement, Radio-Canada n’aurait pas manqué de souligner qu’elle avait alors dénoncé la situation. Mais il n’en est rien, la télévision d’Etat s’inscrit elle-même dans cette période de «grande noirceur» au Québec. Heureusement, les choses ont changé depuis, mais, comme on le dit, le mal est fait.

▶ Catholic Church Cover-up: 100,000 « Duplessis Orphans » tortured in Catholic orphanages – YouTube

Publiée le 2012-08-19

The world is discovering the alarming details of the organized crime scheme conducted by the Catholic Church against over 20,000 children in Quebec (Canada) who were tortured and used in human experiments. These children are now known as the DUPLESSIS ORPHANS.

The types of crimes committed along with the catholic institutions were they were conducted include:

(1.) Saint-Jean-de-Dieu Psychiatric Hospital Run by the Sisters of Providence
… Incinerators (Orphans testified being experimented on by … doctors) All Orphans deaths were investigated by the Hospital Police Only, (no reports, no death certificates, No markers) Selling of bodies to the Universities.

(2.) Saint Michel Archange Hospital – Run by the Sisters of Charity of Quebec …
Lobotomies, murder, Torture, Medical experiments done in their Psychiatric Sanatorium Wing,
… children were lobotomized and degraded worst than an animal.

(3.) Saint-Julien Psychiatric Hospital – Run by the Sisters of Charity of Quebec
Saint-Ferdinand d’Halifax Comté Mégantic (Bernierville) Canada

….placed orphans in cells for years, sexual abuse, murder, experimental drugs, straitjacketed, Torture example:

Myriam Kelly of Drummondville,(Quebec) at ages of 4,5,6, a Nun plunged a leg of a chair in her rectum, Myriam was beaten with a chain by three Nun’s in a cell, at age of 16, Myriam Kelly was in a cell for a long time, decided that she would let herself die, she stopped eating, a Nun from the Sisters of Charity of Quebec noticed she didn’t touch her porridge, warned her if she didn’t eat when she came back that she would shoved a mouse down her throat, Religious Order came back shortly to find that the porridge was not touched, the Nun called out to some real psychopaths to hold her down and holding her mouth open shoved a mouse down her throat, Myriam Kelly is still alive and told her story.

(4.) Sainte Anne Psychiatric Hospital, Baie Saint Paul – Run by the Little Franciscans of Mary

….Transported illegally thousands of Canadian/Quebec Duplessis Orphans across the US border to fill their US institutions and use them as Guinea pigs for medical experiments …

(5.) The Verdun Protestant Hospital Montreal
…Dr.Heinz Lehmann came to Canada in 1937 from Germany, bringing with him a powerful drug Chlorpromazine, known in french Quebec as Largactil what they gave to the Duplessis Orphans as early as the mid forties, but Health Canada gave permission to use this powerful drug only in 1957, known in the States as Thorazine, he worked doing experiments on orphans for 26 years with this piece of paper, no check up by the Canadian goverment, nobody even knows if he was a doctor in the first place.

…and many more.

The Protect Your Children Foundation is committed to exposing all the lies and crimes of religion worlwide: Visit: http://vaticancrimes.us and http://www.protegeatushijos.org

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  • Il n’avait pas de cerveau »Peut-on évaluer le nombre d’enfants ayant été des sujets d’expériences dans les orphelinats du Québec? M. Sylvio Albert Day, ancien entraîneur de chevaux de course âgé de 63 ans, nous en a donné un aperçu.Orphelin de naissance, M. Day a travaillé comme homme à tout faire pour effectuer des travaux extérieurs, souvent à des températures extrêmes et, par la suite, a été relégué aux institutions psychiatriques. Ce jeune homme parfaitement sain a dû vivre et travailler dans un environnement où régnait la menace de la camisole de force, des injections et des lobotomies.M. Day a d’ailleurs décrit une période de trois mois pendant laquelle il a dû transporter les corps de quelque 67 adultes et enfants des deux sexes, les transportant des salles d’opération et d’électrochocs à la cave d’une institution de Montréal, où il les lavait, avant qu’ils ne soient vendus à des universités de la région.Ces horreurs ont eu lieu à Saint-Jean-de-Dieu mais, selon les sources, de nombreuses institutions québécoises auraient pu, elles aussi, être la scène d’une telle horreur.M. Day a confié à Justice et Liberté qu’il a lui-même été le spectateur de contention, de violence physique, de séances d’électrochocs et de lobotomies ayant causé la mort. Il a vu des enfants et des jeunes être condamnés aux travaux forcés, à la prise routinière de doses massives de substances nocives leur détruisant le cerveau et aux répercussions de chirurgies expérimentales.Par exemple, on lui demanda un jour de venir chercher un jeune qui était décédé dans une salle d’opération. M. Day transporta donc le corps jusqu’à la morgue et commença à lui enlever sa jaquette, ses bas et son casque.C’est alors que ce qu’il vit le fit sursauter: « Le jeune était là, sur le comptoir, et lorsque je lui ai enlevé son chapeau, j’ai réalisé qu’il n’avait plus de cerveau! Je ne voyais plus qu’un trou béant. »Il continua quand même à nettoyer le corps et, peu après, fut de nouveau appelé à monter à la salle d’opération. Un autre orphelin était là, sans vie, et de grands trous avaient été percés dans sa boîte crânienne.Secoué, il dut ensuite se rendre à une cellule dans laquelle se trouvait une autre victime qui, elle, s’était pendue.Il confirme que les corps étaient transportés de Saint-Jean-de-Dieu vers l’Université McGill et l’Université de Montréal, où ils servaient à la dissection. Ces détails sur le terrible sort qu’on réservait aux corps lui furent confiés par un embaumeur qui l’avertit de ne jamais en parler à qui que ce soit.Selon Sylvio Day, l’homme lui indiqua clairement que s’il en parlait, il aurait de sérieux ennuis. « Et c’est pourquoi je n’ai rien dit. »Il n’y avait aucune cérémonie religieuse lors d’un décès, et il semble que de nombreux enfants aient tout simplement été ensevelis sur les terres de la porcherie de Saint-Jean-de-Dieu, comme l’avait déjà déclaré Joseph Martin.M. Day se rappelle que les Orphelins étaient placés dans des boîtes de carton et qu’ils étaient, comme il le dit dans ses propres mots, « enterrés comme des chiens » dans des fosses anonymes, les uns par-dessus les autres.Des punitions médicamenteuses

    Sylvio Day se souvient de s’être plaint à un psychiatre de l’hôpital au sujet de son travail à la morgue, que les détenus appelaient « Le couloir de la mort ». Le médecin le menaça de répercussions terribles s’il ne retournait pas effectuer la tâche qu’on lui avait assignée.

    M. Day ne put qu’obéir, terrorisé par la perspective de devoir avaler des pilules assez fortes pour tuer un cheval et d’être confiné à une cellule opératoire secrète où il recevrait des traitements pendant toute une semaine.

    Tout compte fait, Sylvio Day dit avoir vu huit Orphelins dont on avait ouvert la tête. Troublé par les découvertes déconcertantes qu’il faisait à Saint-Jean-de-Dieu, il décida d’approcher Camille Laurin, éminent psychiatre appelé plus tard à devenir ministre au cabinet québécois.

    Lorsque M. Day confia ses soupçons à Camille Laurin, le psychiatre lui administra comme punition une drogue puissante qui le rendit complètement inconscient et aussi amorphe qu’un légume.

    Il croit que la substance qu’on lui a administrée était de la chlorpromazine.
    source:
    freddy http://freedommag.scientology-tor.ca/duplessis_fr/7.html
    AN INTERVIEW WITH DUPLESSIS ORPHAN SILVIO DAY 

  • MÈRE DES TÉNÈBRES
    UN BLOG SUR LES CHOSES NE VEUT PARLÉ.

Lorsque vous travailliez à St Jean de Dieu, vous étiez responsable –

Quand je travaillais à St Jean de Dieu, je étais là en tant que patient. Je ai travaillé dans les Vestiaire des Morts – la salle de Locker des Morts, où ils se lavent les corps et de les mettre dans le réfrigérateur. Une salle de bain était pour laver les cadavres. Ce était la salle de bain. Et tout autour étaient réfrigérateurs.

Q: Et il y avait des cadavres de children–

Oui. Je ai travaillé pendant un an et quatre mois dans les Vestiaire des Morts. Tout ce que je ai fait, je suis allé chercher les corps à partir de la salle d’opération. Je ne ai pas aller dans la salle d’opération, mais les religieuses et les médecins y avait des masques sur leurs visages.

Pelletier, Gérard – l’Encyclopédie Canadienne

Pelletier, Gérard

Gérard Pelletier, journaliste, syndicaliste et animateur social, homme politique, diplomate (Victoriaville, Qc, 21 juin 1919 — Montréal, 22 juin 1997). Issu d’une famille ouvrière de huit enfants, Pelletier étudie au Séminaire de Nicolet, au Collège Mont-Laurier et à l’U. de Montréal.

 Gérard Pelletier Gérard Pelletier.

Pelletier, Gérard

Gérard Pelletier, journaliste, syndicaliste et animateur social, homme politique, diplomate (Victoriaville, Qc, 21 juin 1919 — Montréal, 22 juin 1997). Issu d’une famille ouvrière de huit enfants, Pelletier étudie au Séminaire de Nicolet, au Collège Mont-Laurier et à l’U. de Montréal. Il est secrétaire général de la Jeunesse étudiante catholique du Québec (JEC) de 1939 à 1943 et secrétaire itinérant de la World Student Relief Organization à Genève de 1945 à 1947. Après avoir voyagé en Argentine, il revient à Montréal et devient journaliste pour LE DEVOIR de 1947 à 1950. À la suite de ses reportages sur la GRÈVE DE L’AMIANTE en 1949, les responsables de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (ancêtre de la CSN) lui confient le poste de rédacteur en chef de leur publication, Le Travail.

En 1961, il devient le rédacteur en chef de LA PRESSE, mais, en 1964, après une longue grève, les propriétaires du journal le congédient à cause de ses idées jugées trop radicales. Il avait acquis ses convictions personnelles pendant la guerre au contact des militants catholiques français et surtout de la philosophie personnaliste d’Emmanuel Mounier et des penseurs de la revue Esprit. Avec de nombreux collègues, dont Pierre Elliott TRUDEAU, il concrétise ses idéaux en fondant la revue CITÉ LIBRE.

Par le biais de Cité libre et de la Société Radio-Canada, Pelletier et ses camarades dénoncent les politiques socialement rétrogrades et antidémocratiques du régime DUPLESSIS, ainsi que le cléricalisme de l’Église catholique du Québec. Ils sont des tenants de l’intervention de l’État et de la mise sur pied de syndicats dynamiques pour créer une société québécoise moderne et pluraliste. Le modèle de DÉMOCRATIE SOCIALE prôné par Pelletier contribue au retour du pluralisme idéologique au Québec pendant les années 50.

La montée du SÉPARATISME pendant les années 60 amène Pelletier, Trudeau et leur ami de longue date (et militant syndical catholique), Jean MARCHAND, à faire le saut en politique fédérale en 1965. Pelletier est secrétaire d’État aux Affaires extérieures de 1968 à 1972, puis ministre des Communications de 1972 à 1975 dans le gouvernement Trudeau. Il participe à l’élaboration des propositions du gouvernement fédéral pour faire face à la détérioration des relations entre les gouvernements de Québec et d’Ottawa. Il poursuit ces objectifs à titre d’ambassadeur du Canada en France de 1975 à 1981 avant d’être nommé représentant du Canada aux Nations Unies, de 1981 à 1984.

En 1984, il devient président du conseil d’administration des Musées nationaux du Canada, poste qu’il occupe jusqu’à son retrait de la vie publique en 1987. Il est l’auteur des ouvrages suivants : La Crise d’Octobre (1971), Les Années d’impatience (1983) et Le Temps des choix (1986).Voir aussi FRANCOPHONIE.

Lectures Suggérées

  • Michael D. Behiels, Prélude to Québec’s Quiet Révolution (1985); Gérard Pelletier,
  • BEHIELS, Michael D. | Département d’histoire | Universite d’Ott

    Titres universitaires 

    1978 – Ph.D. en histoire, York University
    1969 – M.A. en histoire, University of Alberta
    1967 – B.A., University of Alberta

    Survol des publications  

    The State in Transition: Challenges for Canadian Federalism (2011)

    The Essential Laurendeau, ed. (1976); Prelude to Quebec’s Quiet Revolution (1985); Quebec Since 1945, ed. (1987); The Meech Lake Primer ed. (1989); Canada: Its Regions and People (1998); Canada at the Crossroads co-ed. (1999); Futures and Identities: Aboriginal Peoples in Canada ed. (1999); Nation, Ideas, Identities. Essays in Honour of Ramsay Cook co-ed. (2000); « Myth and Ideology: Contributions of Canadian Thinkers« .

    Éditeur dans des éditions spéciales

    Journal of Canadian Studies/Revue d’études canadiennes (2000); « Nexus: Cultures, Pluralism and Globalization, »; Journal of Canadian Studies/Revue d’études canadiennes (2001); Québec since 1800: Selected, ed. (2002).

    Chapitres dans plusieurs livres et collections dans des conférences et colloques.

    Articles et études critiques

    Canadian Historical Review, Journal of Canadian Studies, Acadiensis, Revue de l’Université d’Ottawa, Canadian Ethnic Studies, Canadian Review of Studies in Nationalism, Japanese Association of Canadian Studies Journal,The Canadian Encyclopedia, The Literary Review of Canada, Encarta: Microsoft CD-ROM, Cité libre, Alberta Law Review,& Policy Options.