Dépôt et recours

 Dépôt d’un recours collectif par les «orphelins de Duplessis»

Nul ne doit ignoré le massacres des Orphelins de Duplessis

[29 mai 1992] 

Un groupe d’hommes et de femmes inscrivent un recours collectif de 400 millions de dollars pour avoir été faussement étiquetés comme «débiles mentaux» au cours des années 40 et 50. Ces «orphelins de Duplessis» affirment également avoir subi des sévices psychologiques, physiques et sexuels pendant leur enfance dans des orphelinats du Québec.

L’expression «orphelins de Duplessis» vient du fait que, pour la plupart, ces gens ont fait leur séjour dans des orphelinats ou des crèches pendant que le Québec était gouverné par l’Union nationale de Maurice Duplessis (1936-39, 1944-1959). Leurs accusations s’adressent cependant également à l’endroit des communautés religieuses qui géraient les institutions dans lesquelles ils sont demeurés. La cause des «orphelins» défraiera les manchettes pendant encore plusieurs années avant que le gouvernement québécois ne leur offre une forme de compensation monétaire en 1999.

Période : 1948 – 2001

Orphelins de Duplessis, enfants d’asiles

Sous le règne de Duplessis, des enfants illégitimes sont étiquetés comme malades mentaux et internés dans des asiles. Ces « enfants du péché » sont victimes d’une manœuvre du gouvernement Duplessis afin d’obtenir des subventions fédérales. Au début des années 1990, les orphelins se mobilisent et réclament justice et réparation. Ils mènent un combat inégal pour sortir de l’amnésie collective qu’a longtemps entretenu la société québécoise à leur égard. Ils veulent enfin sortir de l’anonymat, de la honte…

Les orphelins se mobilisent

Date de diffusion : 24 janvier 1993

En 1993, le Comité des orphelins et orphelines institutionnalisés de Duplessis (COOID) engage un recours collectif afin d’obtenir réparation de la part du gouvernement du Québec et des communautés religieuses responsables des hôpitaux psychiatriques. Créée en 1992, cette association est chargée de « revendiquer pour des milliers d’orphelins sans voix leur dignité et leurs droits et d’exiger que justice leur soit rendue ». Le juge André Denis de la Cour supérieure rejette ce premier recours collectif des orphelins. 

Les enfants illégitimes internés au Mont-Providence après 1955 grandissent dans un asile. Les contacts avec le monde extérieur sont presque inexistants : les grillages aux fenêtres et les clôtures qui entourent l’édifice attestent de cet enfermement.

Les enfants y côtoient arriérés mentaux et malades de tous acabits. Les orphelins travaillent régulièrement dans l’institution. Plusieurs enfants sont soumis à des traitements destinés aux malades mentaux : électrochocs, injections, camisole de force, cachot. Deux heures de classe par jour sont données par les religieuses aux enfants « éducables ».

En 1962, une commission d’enquête connue sous le nom de commission Bédard se penche sur la situation des hôpitaux psychiatriques dans la province de Québec. Le rapport révèle que les asiles sont surpeuplés et que la classification des « malades mentaux » est effectuée sans fondement scientifique. Les psychiatres responsables du rapport, dont le docteur Denis Lazure, critiquent âprement le système asilaire.

Peu après le dépôt du rapport, un mouvement de désinstitutionalisation est amorcé : les orphelins internés, devenus des adultes, retrouvent leur liberté. D’autres n’ont pas attendu et se sont évadés des hôpitaux psychiatriques pour tenter de s’intégrer à une société qui leur est inconnue.

Journal du 18 Mars 1945

Longtemps